Les Gothic Lolita

Le Gothic Lolita (ゴシック&ロリータ Gothic Lolita) est une mode vestimentaire japonaise (sans rapport avec la mode gothique). Il convient aussi de préciser qu’il s’agit de tenues vestimentaires à part entière, cela n’a rien à voir ni avec le cosplay, ni, plus généralement, avec le déguisement.

Les origines

Cette culture semble avoir fait son apparition au début des années 1990 (ouverture du premier magasin « Baby The Stars shines bright » en 1988), sans que l’on sache exactement dans quelles circonstances elle est née. Mais si l’on n’en connaît pas précisément la source, on sait par contre que Mana, star du Visual Kei, anciennement guitariste du groupe Malice Mizer, a popularisé ce style en créant sa propre marque de vêtements Moi-même-Moitié et les deux styles EGL (Elegant Gothic Lolita) et EGA (Elegant Gothic Aristocrat). Les japonais, en choisissant le terme « lolita » pour désigner ce courant vestimentaire, n’ont retenu de l’héroïne éponyme de Nabokov que l’aspect enfantin, en évacuant le côté sexuel et ambigu du personnage. Les lolitas, gothic, sweet etc. sont en effet caractérisées par leur aspect enfantin. Les hommes adhérant à cette mode sont nommés « brolita », et ne sont pas considérés comme travestis. Les « ita » (du japonais « itai », qui fait mal) est un terme très cruel et méprisant qu’utilisent certaines lolitas pour désigner celles qui ne parviennent pas à se vêtir selon les nombreuses règles qui régissent cette mode. (pour ces règles, cf « mode » ci-dessous).

Les magazines japonais Gothic & Lolita Bible (ゴシック&ロリータ バイブル Gothic & Lolita Bible), Homemade Gothic and Lolita, Frill, Parfait, Rococo et parfois Kera ont popularisé la culture Gothic Lolita en remplissant leurs pages de photos, de publicités et de conseils destinés à ses adeptes, sans oublier des patrons de vêtements.

La mode

Comme dans le cas de la plupart des modes alternatives, le mouvement Gothic Lolita se divise souvent en plusieurs catégories. Il serait plus juste de dire que le Gothic Lolita est une forme des styles Lolita, ainsi que les qualifient les japonais. Ses caractéristiques générales sont les robes et jupes bouffantes, souvent avec une forme en cloche typique, agrémentées de jupons pour leur donner du volume (indispensables dans le look lolita), l’utilisation très courante de la dentelle (d’excellente qualité) et la présence d’accessoires comme des « pièces de tête » (headdress), de serre-têtes, des mini-couronnes, des mini-chapeaux, des rubans ou des fleurs artificielles (les oreilles d’animaux ne sont pas considérées comme « lolita », et les lolitas les plus intransigeantes rejettent même les modèles de chez Baby, the stars shine bright). Les jupes sont généralement portées à la hauteur du genou, sauf pour Punk-industrial, Erololita et Aristocrat. On porte soit des bottes élégantes, soit des plateformes au design féminin, ou des souliers à bride appelés maryjanes dans les pays anglo-saxons ou babies en France, en référence aux anciennes chaussures de petites filles. Les rocking horse shoes (ou ballerines compensées à bascules) telles que les a créées Vivienne Westwood sont aussi un des piliers de la tenue lolita. Les lolita ont aussi pour habitude de porter des bloomers (culottes longues bouffantes, qui ne dépassent pas de leur tenue) afin de préserver leur pudeur à cause des jupons bouffants (la pudeur -dite « modesty » en anglais est une composante essentielle des tenues lolita), de longues chaussettes ou collants (les leg warmers sont à proscrire car trop connotés « cosplay »), et jamais de décolletés ou d’épaules nues, toujours au nom de la pudeur (ces règles, très suivies par la communauté lolita, sont cependant parfois contournées, en cas de chaleur intense, par exemple). Ces règles (et plus encore) sont répertoriées dans le Lolita handbook.

Ces catégories portent souvent au Japon des noms anglais, les marques emblématiques sont:

Baby, the Stars Shine Bright, et sa rivale Angelic Pretty.

Atelier Pierrot, Atelier Boz, Moi-Même-Moitié, Black Peace Now, h.Naoto et plusieurs autres…

Sex Pot Revenge et h.Naoto.

Mary Magdalene, Victorian Maiden et Innocent World

La culture

Il est souvent considéré que ce mouvement est né au Japon en réaction aux attentes de la société nippone à l’égard des femmes. En effet, celles-ci sont supposées se marier, avoir des enfants. Etre une épouse et une mère pousse donc les jeunes japonaises à devenir des adultes, c’est ce qui est attendu d’elles. De plus, le Japon étant une société très conformiste, porter des tenues rappelant les poupées victoriennes peut évidemment signifier à la fois le refus de passer à l’âge adulte, mais aussi de ressembler à tout le monde. En Occident, le mouvement lolita est aussi considéré, dans une société plus violente et plus sexualisée qu’autrefois, comme une résistance « douce ». Si les lolitas (ainsi qu’elles se nomment) ont d’abord trouvé dans ce mouvement une simple façon de s’habiller, elles ont aussi rapidement développé une façon de penser et une culture autour de ce phénomène. Lorsqu’une lolita étend ses goûts vestimentaires à son art de vivre, elle est une lifestyle lolita. Il s’agit d’aspirer à un mode de vie raffiné, à un comportement à la fois élégant et modeste, généreux, doux et agréable. Les lifestyle lolita s’investissent dans des activités culturelles, artistiques, et refusent la vulgarité, la violence et le laisser-aller. Être une lolita, c’est d’abord faire plaisir à la princesse qui est en soi, précise François Amoretti, peintre iconique du milieu. Ainsi, les lolitas sont-elles très tournées vers les arts de la correspondance, la pâtisserie, la couture, la cérémonie du thé, la musique, l’illustration, etc…

Alice au pays des merveilles fait partie intégrante de leurs références et cet emprunt à la littérature anglaise coïncide parfaitement aux valeurs qui définissent ce mouvement : dignité, onirisme, élégance et romantisme.

Le roman de F.D. Burnett A little princess (Princesse Sara en français -sans H à la fin) est aussi une grande source d’inspiration pour les lolita, et plus particulièrement, pour les lifestyle lolitas, qui puisent de nombreux adages dans les pensées de Sara.

Bien que le mouvement lolita soit relativement égoïste dans son essence, les représentantes du milieu sont très tournées vers la collaboration. Un des grands jeux du mouvement est de regrouper le plus d’artistes possible autour d’un événement dit : une exposition, la pochette d’un disque, un livre d’illustrations, etc. Ces artistes sont aujourd’hui principalement japonais, mais le mouvement se développe actuellement considérablement en France.

Les Kokusyoku Sumire, qui donnent de plus en plus de concerts en métropole, font partie des égéries musicales du mouvement.

Cinéma

Sorti en 2004, Kamikaze Girls de Tetsuya Nakashima (titre original : Shimotsuma monogatari), tiré du roman du même nom écrit par Takemoto Novala, donne une idée très nette de l’esthétique Lolita à travers son héroïne, Momoko, passionnée par la France Rococo et les dentelles de chez Baby, the Stars Shine Bright…

Présent et avenir

Beaucoup de jeunes Japonais s’associent à une mode alternative pour critiquer la culture conservatrice et traditionnelle de leur famille ou de la société en général et l’uniformisation du mode de vie dans les grandes villes. Il est difficile d’en deviner l’évolution à long terme, mais on constate qu’elle est de plus en plus exportée en Occident. La mode gothique se l’est appropriée, avec des sociétés, entre autres Lip Service, Drac in a Box, Heavy Red, qui présentent à leur catalogue quelques pièces gothic lolita.

Source: http://fr.wikipedia.org/

Lady M.

~ par Lady sur 14/06/2010.

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