Le voile

Le voile est destiné à couvrir tout ou partie du corps et parfois le visage. Le voile est à une tradition culturelle ancienne que la tradition religieuse a reprise à son compte. Il renvoie à l’image qu’il convient de donner de soi et au rapport au corps : il a en premier lieu pour but de marquer les différences sociales, la respectabilité, le sacré.

Une antique coutume

Dans l’Antiquité, le port du voile était codifié en Assyrie, permettant d’établir la distinction entre femmes nobles ou mariées et esclaves. La tradition du purdah (« rideau ») désigne une pratique d’origine perse empêchant les hommes de voir les femmes. Dans la société grecque antique, l’épouse est tenue de se couvrir la tête. La sculpture antique nous a laissé une trace de cette symbolique : les déesses représentant le mariage, le foyer ou la famille sont le plus souvent voilées alors que les déesses célibataires comme Diane ou Vénus, ne le sont pour ainsi dire jamais.

Dans la Rome antique, le symbole du voile est étroitement associé au mariage : le verbe nubere signifie « voiler » et « se marier », c’est le très exact synonyme de l’expression française qui ne perdure plus que dans le vocabulaire monastique, de « prendre le voile » ; nupta, littéralement « voilée » signifie « épouse », nuptiae, « mariage » a donné le français noces et peut se comprendre comme le « voilement ». La nubilité est proprement la capacité à prendre le voile, à se marier. Les mariées romaines portaient un voile de couleur rouge-orange, appelé flammeum. La couleur du mariage a été le rouge en Occident au moins jusqu’aux environs de la Renaissance et elle est progressivement tombée en désuétude en faveur du blanc.

Les jeunes épouses contemporaines qui arrivent voilées à l’église ou à la mairie perpétuent, souvent inconsciemment, cette très antique tradition.

Dans la tradition biblique

Dans l’Ancien Testament, les femmes hébreues apparaissent souvent tête nue. Dans la Genèse, Rebecca se voile, au moment où elle rencontre Isaac, son futur époux. Le Cantique des cantiques glorifie la beauté d’une femme « derrière son voile ». Ce chant est une déclaration d’amour que l’on peut prendre de façon très littérale entre un fiancé et sa promise ou comme la déclaration symbolique de l’amour du peuple élu envers son Dieu et ce voile, l’équivalent du parokhet.

Dans son Épitre aux Corinthiens, Paul de Tarse fait peut-être plus étalage de la tradition romaine dont il est issu que de la tradition hébraïque quand il affirme : « si une femme n’est pas voilée, qu’elle se coupe aussi les cheveux. S’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle se voile. L’homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme. En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme ; et l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l’homme. C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend. » Notons que le Romain Paul de Tarse prend une position opposée à la tradition hébraïque qui préconise, au moins pour les hommes, de porter le talit, un châle couvrant parfois la tête lors de la prière.

Tertullien, dans De virginibus velandis surenchérit sur l’obligation paulinienne concernant les femmes voilées et l’étend aux jeunes filles nubiles afin qu’elles aussi gardent humblement le voile au cours des liturgies. Il s’oppose – déjà – aux tenantes de la « liberté ».

De fait, cette obligation va s’imposer en Occident. Dans la tradition iconographique chrétienne, sainte Marie est systématiquement représentée avec un voile de couleur bleue. Madeleine, la « pécheresse », est pour sa part systématiquement représentée tête nue. La prise de voile des nonnes est, dans ce contexte, le symbole de « noces mystiques » avec Dieu et signe leur entrée dans le clergé régulier.

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, il était impensable, pour une femme, d’aller dans une église tête nue. Les chrétiennes de rite oriental se couvrent encore la tête pour entrer dans une église. La mantille est encore en usage dans la messe de Pie V.

Pour les femmes juives orthodoxes, l’obligation de se couvrir la tête est relativement tardive. Elle dérive des compilations du Sefer Ha Zohar (entre le IIe siècle et le XIIIe siècle) et de l’Orah Hayim (XIVe siècle) qui indique qu’une femme « doit avoir la tête couverte même quand elle se trouve chez elle ». Le voile est devenu une perruque parce qu’« un foulard pouvait être ôté plus facilement qu’une perruque ».

Islam

La tradition musulmane, dans la droite ligne de la coutume méditerranéenne en usage en Perse, dans la Grèce antique et à Rome, impose aux femmes de porter le voile. L’article consacré au hijab détaille sans qu’il soit besoin d’y revenir ici, les composantes religieuses et/ou coutumières de cet habitus dont existent de nombreuses variantes locales : le tchador dans le monde persan, le niqab dans le monde bédouin, le sefseri tunisien, la burqa ou le tchadri afghans.

Le port du voile en Islam est considéré comme obligatoire, les différentes écoles des deux principaux mouvements (chiites et sunnites) sont unanimement d’accord sur cette question .

Source: http://fr.wikipedia.org/

Lady M.

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~ par Lady sur 23/10/2010.

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