L’Argentine: le tango

Au tournant du siècle, dans le Río de la Plata, les danses de salon venues d’Europe, mazurkas, scottishs, valses… subissent l’influence des Noirs. Danses de Blancs, danses de Noirs, habaneras, s’influencent et s’imitent mutuellement.

Parmi elles, Il y a la milonga, qui appartient à cette catégorie de termes au contenu incertain (le terme est aussi d’origine africaine), et qui est aussi à l’origine du tango et dont l’origine se confond avec celui-ci. (Beaucoup d’œuvres intitulées milongas seront rebaptisées plus tard tangos) R. Lynch Ventura écrit à propos de la forme dansée : « Ce sont les compadritos de la ville qui la dansent; ils l’ont inventée pour se moquer des danses que pratiquent les Noirs dans leurs bals. Elle a la même mesure que le tambour du candombe. »

Michel Plisson écrit:

« Les Noirs [anciens esclaves] empruntent de leurs anciens maîtres les danses de couples que la tradition africaine ignore. Les danses de salons européennes comme la mazurka, la polka se déforment à leur contact car les Noirs les investissent d’éléments culturels qui sont étrangers à ces danses. Le compadrito reprend des Noirs ces formules nouvelles, sans se rendre compte, qu’en se moquant des Noirs, il invente dans la danse des pas nouveaux. Issue des figures du candombe, c’est dans les bas-fonds et les bordels que cette alchimie se produit. »

A l’aube du XXe siècle, Tango et milonga sont des danses liées aux bordels. Il y a durant cette époque d’immigration massive, presque trois hommes pour une seule femme. La concurrence est donc rude et, du fait de la rareté des femmes, on danse souvent entre hommes. Le tout sur fond de nostalgie du pays éloigné, de pauvreté, du désir inassouvi.

Les accents de cette danse naissante, incitera, à leur tour, les musiciens pour modifier les contours de la musique qui accompagnait la danse. Dans ces petits orchestres, la guitare et la flûte prédominent, bien avant que ne s’impose progressivement le bandonéon.

Le tango émerge de cette alchimie entre, d’un côté, les Noirs qui métissent leurs danses avec les danses européennes de salons, et de l’autre, les Blancs qui se moquent des Noirs en singeant leurs figures. Le tango dansé présente ainsi à cette époque un aspect provocant et insolent qu’il perdra au fur et à mesure de son ascension sociale. On nomme souvent ce style originel du tango dansé, tango canyengue. Ce style caractéristique, révélant les origines nègres du tango, est encore revendiqué par certains danseurs aujourd’hui. Il est relativement peu pratiqué en bal, mais régulièrement lors de démonstrations.

Pour la musique, Michel Plisson s’amuse à résumer ainsi le résultat de ce métissage qu’est le tango: « une rythmique afro, des musiciens italiens jouant sur des instruments allemands des mélodies d’Europe de l’Est avec des paroles qui viennent des zarzuelas espagnoles. »

Source: http://fr.wikipedia.org/

Lady M.

Publicités

~ par Lady sur 07/01/2011.

Une Réponse to “L’Argentine: le tango”

  1. cool

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :