John Williams

Auteur universellement reconnu des musiques de Star Wars, Les Dents de la Mer, Superman et Indiana Jones, collaborateur attitré de Steven Spielberg, John Williams est l’un des compositeurs de musiques de film ayant le plus marqué les tympans de la population mondiale, depuis les années 1970. Retour sur la carrière d’un musicien multi-cartes dont le talent ne s’arrête pas aux bandes originales simili-opératiques : recordman des nominations aux Oscars pour un compositeur de musique, John Williams est, à sa manière, un classique.
Si pour beaucoup son nom n’évoque pas grand chose, John Williams est sans doute l’un des compositeurs dont l’œuvre est la plus familière du grand public. Né le 8 février 1932 à Floral Park (État de New York, Etats-Unis), John Towner Williams Jr. grandît sur la Côte Est, avant de suivre sa famille à Los Angeles. Il bénéficie d’une influence musicale de choix en la personne de Mario Castelnuovo-Tedesco, compositeur italien expatrié travaillant pour la compagnie cinématographique Metro Goldwyn Mayer. Durant son service militaire, John Williams occupe des tâches d’arrangeur musical pour les orchestres de l’US Air Force. Démobilisé, il retourne à New York pour suivre les cours de la Juilliard School of Music, et travaille durant ses études comme pianiste de Jazz. John Williams met ensuite un pied dans l’industrie du cinéma travaillant comme orchestrateur pour différents compositeurs de musique de film, comme Franz Waxman ou Bernard Herrmann.

Catastrophes porte-bonheurs

Vite remarqué à Hollywood pour son talent de pianiste de jazz, John Williams obtient en 1968, grâce au film La Vallée des poupées (Mark Robson), sa première nomination aux Oscars. En 1971, le film Un violon sur le toit, de Norman Jewison, lui vaut enfin la statuette dorée : c’est le début d’une période dorée pour le compositeur, qui se voit confier des bandes originales de grosses productions destinées à une large distribution. John Williams a pour méthode de travail de prédilection de ne pas lire le scénario, et de ne travailler qu’à partir des scènes ou les rushes du film terminé, élaborant une partition qui épouse les émotions distillées par les images. Son talent pour composer des musiques opératiques et spectaculaires convient particulièrement aux films-catastrophes à grand spectacle alors très à la mode au début des années 1970 : il signe ainsi les musiques de L’Aventure du Poséidon (Irwin Allen et Ronald Neame, 1972), Tremblement de Terre (Mark Robson, 1974) et La Tour infernale (John Guillemin et Irwin Allen, 1974).

C’est cependant un autre film, pouvant être rattaché à la mode du film-catastrophe, qui assure à Williams son premier succès « universel » : en 1974, Steven Spielberg, avec qui il venait de travailler sur Sugarland Express, lui confie la musique de son film Les Dents de la mer, qui sort dans les salles l’année suivante. L’air composé par John Williams pour signifier le Danger lors des attaques du requin géant devient un classique absolu, se prêtant largement au plagiat et à la parodie tant sa mélodie est instantanément reconnaissable : le compositeur empoche pour l’occasion son deuxième Oscar, son premier Golden Globe et son premier Grammy Award.

Dans les étoiles

La collaboration de Williams et Spielberg, désormais très étroite, atteint son apogée avec Rencontres du troisième type (1977), où la partition de John Williams est écrite au fur et à mesure que le scénario de Spielberg avance, afin d’établir une symbiose entre récit et sons. La bande originale résultant de ce travail « à quatre mains » est l’une des préférées du compositeur. C’est à cette même époque que Spielberg recommande à son confrère et ami George Lucas d’engager John Williams pour la partition de son film La Guerre des étoiles (1977) : la musique composée par Williams, aux accents fortement symphoniques, fait beaucoup pour le triomphe du film de Lucas et le morceau « Luke’s theme » devient aussitôt l’un des airs les plus connus de l’histoire du cinéma.

Sa musique désormais familière aux spectateurs du monde entier, John Williams a la suprême satisfaction d’empocher à nouveau un Oscar, un Golden Globe et un Grammy Award. Empreint de romantisme spectaculaire et wagnérien, le style de John Williams correspond parfaitement au nouveau style de films d’action et d’aventures à grand spectacle désormais En Vogue à Hollywood, grâce aux progrès de la technologie et à l’inflation des budgets. En 1978, le compositeur signe dans un registre comparable la musique du film Superman, réalisé par Richard Donner, dont les accents épiques accompagnent à merveille les envolées de l’homme d’acier en collant bleu, empochant au passage un nouveau Grammy Award. La renommée désormais établie de John Williams lui vaut de devenir en 1980 le Chef d’orchestre du Boston Pops Orchestra, poste qu’il occupe jusqu’en 1995.

En 1981, il continue sa fructueuse collaboration avec Steven Spielberg, avec la musique du film Les Aventuriers de l’Arche perdue, le premier film de la série des Indiana Jones : c’est un nouveau triomphe, un douzième Grammy Award et un nouvel air universellement connu au tableau d’honneur de John Williams. En 1982, E.T., de Steven Spielberg, lui vaut à nouveau le triplé Oscar/Golden Globe/Grammy Award. Désormais incontournable dans le paysage de la musique de films, Williams est porté par son association avec Spielberg, l’un des rois du box-office mondial, signant la musique de tous ses films à l’exception de La Couleur pourpre (dont le producteur, Quincy Jones en personne, tenait à composer lui-même la bande originale).

En 1983, il collabore sur la musique du Retour du Jedi avec son fils Joseph Williams, qui écrit la chanson de rock en langue extraterrestre interprétée par les courtisans de Jabba (Joseph persévérera d’ailleurs dans la musique, devenant durant plusieurs années le chanteur du groupe Toto et devenant compositeur de musiques pour la télévision).

Dans les années 1990, John Williams continue ses activités de Chef d’orchestre, avec le Boston Symphony Orchestra et le Los Angeles Philharmonic, dirigeant ce dernier orchestre chaque année, à l’occasion du Hollywood Bowl. En 1993, il renoue avec le doublé Oscar/Grammy Award grâce à sa partition pour La Liste de Schindler, de Steven Spielberg, deux mois après avoir écrit la musique de Jurassic Park. Toujours compositeur en titre de la série des Star Wars, il se voit en 2001 associé à une nouvelle série de films à succès, avec Harry Potter à l’école des sorciers et deux de ses suites.

Couvert d’honneurs, John Williams est l’une des personnes ayant collectionné le plus grand nombre de nominations aux Oscars (quarante-cinq nominations en 2008), pour cinq trophées, ainsi que quatre Golden Globes et vingt Grammy Awards. Également primé en Europe, il a empoché sept BAFTAS (British Academy of Film and Television Arts). N’ayant pas cessé de composer concertos et autres pièces classiques, John Williams est également un spécialiste des morceaux composés pour de grands évènements, comme le cinq-centenaire de la découverte de l’Amérique ou les célébrations du nouveau millénaire, important dans les grandes représentations officielles le style hollywoodien qu’il a largement contribué à définir.

Sans avoir toujours signé des musiques aussi reconnaissables que celles des Dents de la mer, de La Guerre des étoiles ou des Aventuriers de l’Arche perdue, John Williams a su se maintenir au sommet de la profession des musiciens de film, ses compositions constituant souvent la crème des musiques d’ambiance. Un succès aussi spectaculaire que le registre « boum-boum » de sa musique pour un parcours quasi-sans-faute, porté par quelques-uns des plus grands succès commerciaux de l’histoire du cinéma.

 Copyright 2010 Music Story Nikita Malliarakis

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~ par Lady sur 12/03/2011.

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