Timbaland

Dans les années 2000, le son Timbaland fait les beaux jours des classements rap et R&B. Producteur prolifique, l’un des rares à avoir inventé un son, il a étendu son empire, de Missy Elliott à Nelly Furtado, de Madonna à Justin Timberlake, en s’amusant, parfois, à faire l’artiste lui-même dans les albums Shock Value (2006) et Shock Value 2 (2009), réunissant pléthore d’invités prestigieux.
Il doit y avoir quelque chose dans l’air de Virginia Beach : cette petite station balnéaire de Virginie a donné au monde un nombre incroyable d’artistes, en tout genre. Et, en l’occurrence, des producteurs-compositeurs qui ont colonisé les ondes du monde dans les années 2000 : The Neptunes et Timbaland.

Celui qui s’est choisi un pseudo évoquant une célèbre marque de chaussures de chantier est né là, le 10 mars 1971, sous le nom de Tim Mosley. Il est encore un jeune DJ local qui commence à concevoir des sons sur un petit clavier Casio quand une autre native du cru, Missy Elliott, entend ces prémices et, séduite par son sens du rythme atypique, commence à travailler avec lui dans une étroite et durable collaboration. Missy Elliott, à ce moment, fait partie du groupe Sista, qui signe un contrat avec DeVante Swing, membre de Jodeci, le groupe R&B majeur du moment. Elle emmène Tim, qui sera d’ailleurs rebaptisé Timbaland par DeVante, pour faire partie de l’écurie de producteurs qui gravitent autour de cette entité musicale. Timbaland produit donc pour Jodeci, Sista, MC Lyte, 702, faisant monter le buzz autour de ses capacités.

Producteur à succès

En 1996, il assume seul la production d’un artiste R&B, Ginuwine, dont l’album Ginuwine… The Bachelor est un très gros succès. Dans l’ombre de ce succès, Aaliyah contacte la paire Missy Elliott-Timbaland pour produire son deuxième album. One In a Million s’écoule à… 11 millions d’exemplaires, lançant cette fois Timbaland dans le grand jeu. En parallèle, Timbaland va accoucher dans les années qui viennent d’une série de singles époustouflants d’inventivité, pour son alter ego Missy Elliott : « Get Ur Freak On » et tant d’autres. Il est désormais très demandé, on s’arrache ses beats acrobatiques, ses sonorités souvent empruntées aux musiques indiennes ou extrême-orientales ; Jay-Z, Ludacris, Petey Pablo, toujours Aaliyah pour son troisième album, mais aussi le rocker Beck le réclament pour se faire servir des hits sur mesure.

Timbaland, interprète

Producteur comblé, Timbaland persiste néanmoins dans ses velléités d’artiste. Il rappe souvent (d’une voix filtrée au vocoder, en général) sur les productions qu’il signe, mais il veut faire ses propres disques. C’est d’abord avec Magoo, un rappeur sans grande envergure qu’il a rencontré dans l’équipe de DeVante Swing, qu’il propose l’album Welcome to Our World en 1997, qui est la plus grosse réussite du duo (Disque de platine aux Etats-Unis). Timbaland & Magoo sortent ensuite Indecent Proposal en 2001, puis Under Construction Part II en 2003. En 1998, c’est sous son seul nom qu’il sort l’album Tim’s Bio : Life from da Bassment, un pur disque de producteur, à l’instar de ceux de Dr. Dre, c’est-à-dire que chaque morceau est renforcé d’invités de Prestige qui viennent seconder le musicien : Nas, Ludacris, Jay-Z, Magoo, Missy Elliott évidemment, mais aussi Twista, Kelly Price, Ginuwine, Aaliyah et quelques artistes en devenir prêtent main-forte. Avec ce casting de luxe, Tim’s Bio est Disque d’or aux Etats-Unis et vendu à un million de copies dans le monde.

En 2001, Timbaland doit endurer la disparition tragique d’Aaliyah, qu’il considérait plus comme une petite soeur que comme une artiste entièrement dédiée à son propre art. Cette perte le retient quelques mois hors des studios, mais il y retourne vite pour produire un nouvel artiste, un petit Blanc du sud, Bubba Sparxxx, qu’il a signé sur son label, Beat Club, tout frais monté.

Timbaland enchaîne les productions brillantes, les albums de Missy Elliott, celui de Tweet, une autre protégée de la rappeuse exubérante, puis Jay-Z, Xzibit, Pastor Troy, LL Cool J, Brandy, Lloyd Banks, Danja, Jennifer Lopez, The Game et quelques morceaux, dont le tube « Cry Me a River » sur le premier album solo d’un ancien membre du boys band ‘NSYNC : Justin Timberlake.

Ma petite entreprise (à tubes) ne connaît pas la crise

En 2006, on pourrait imaginer que l’homme a mené une carrière dont bien d’autres artistes polymorphes pourraient rêver. Sa collection de tubes en fait un des trois plus influents créateurs de musique de la décade, mais Timbaland a encore soif. Il monte un nouveau label, Mosley Music Group, sur lequel il signe quelques artistes, dont la chanteuse canadienne d’origine portugaise Nelly Furtado, qu’il va reformater pour le marché « urbain » alors qu’elle chantait plutôt du folk dans ses précédents albums.

Mais à l’inverse de nombre de ses pairs uniquement présents sur ce marché « urbain », Timbaland élargit sa palette. On le voit travailler sur sept titres de l’album de Björk (Volta), travailler avec Chris Martin de Coldplay, avec Duran Duran sur leur album The Red Carpet Massacre. En même temps, il livre des hits pour Pussycat Dolls (« Wait a Minute »), Omarion (« Ice Box ») et puis pour la chanteuse pop pour teenager Ashlee Simpson. Tandis qu’il triomphe avec l’album de Nelly Furtado, il décroche un nouveau hit rap avec le « Ayo Technology » de 50 Cent.

Plus fort que jamais, il s’autorise un nouvel album « solo », Shock Value, qui sort en 2007 et réunit autour de ses productions et de ses vocaux ses obligés : Timberlake, Furtado, 50 Cent, son pair Dr. Dre, sa complice Missy Elliott, l’inattendu Elton John, les rockers The Hives et Fall Out Boy et pas mal de seconds couteaux. Le succès de l’album est remarquable, mais le workaholic Timbaland ne laisse jamais retomber la pression : il a aussitôt mis en chantier Shock Value vol 2, avec cette fois la crème des superstars : Madonna, Cher, Akon, Gwen Stefani, Justin Timberlake, Dido, Céline Dion, Kanye West, Mary J Blige, Cristina Aguilera, Beyoncé, Usher, 50 Cent et même Matt Pokora, dont il a produit quelques titres sur son dernier album.

Après avoir réalisé une bonne partie du Hard Candy de Madonna, il a poursuivi son effort auprès des Pussycats Dolls, Busta Rhymes, Beyoncé, Missy Elliott et une pléthore d’autres artistes, tous affamés d’inclure la touche magique du sorcier Timbaland sur leur album.

 Copyright 2010 Music Story Jean-Eric Perrin

Son arme secrète: une vie d'époux et de père de famille bien tranquille (et les stars qui campent dans son studio)

Lady M.

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~ par Lady sur 23/03/2011.

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